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Faire et refaire, le livre qui retrace le phénomène techno ascendant vierge

Par Alain Gabriel | Publié le 24/10/2025

Mathilde Fernandez est une chanteuse lyrique à la voix puissante et enchanteresse. Paul Seul, un DJ et producteur qui manie les kicks gabber avec une précision chirurgicale. Ensemble, ils forment ascendant vierge. Un parfait cocktail auditif au croisement de la techno hardcore et de l’électro lyrique. Avec la sortie de leur livre Faire et refaire, le duo documente sa trajectoire artistique avec l’intégralité des paroles de leurs chansons.

Image © Sergio De Rezende

Le son d’une génération en transe

Fondé en 2019, le duo se fait connaître notamment avec ses titres « Influenceur » ou « Faire et refaire » — qui deviendra par ailleurs le titre du livre. Leur musique, entre euphorie et mélancolie, transforme chaque scène en expérience sensorielle totale. Le corps et l’esprit vibrent ainsi à l’unisson sur une poésie futuriste aux rythmes techno.

Leur esthétique, à mi-chemin entre Mylène Farmer et un opéra cyberpunk, leur vaut une aura unique. En concert, Mathilde Fernandez captive par sa voix et sa présence théâtrale, tandis que Paul Seul érige des architectures sonores où les émotions se percutent et se libèrent.

Mais la singularité a ses zones d’ombre. La voix de Mathilde Fernandez, éclatante et lyrique, effleure parfois les mots jusqu’à les faire disparaître dans la lumière. Alors, sur scène, on improvise, on devine… « Comme les tissus de mensonges sur Genius et Spotify », confiait-elle en story sur Instagram.

Faire et refaire, quand la musique devient matière

Avec la sortie de leur livre Faire et refaire (éd. Double Ponctuation), le duo transpose son univers sonore dans un objet littéraire. Recueil de paroles, d’entretiens et de témoignages inédits, il agit comme une passerelle entre deux mondes — celui des clubs et celui des mots.

En feuilletant Faire et refaire, on découvre les textes qui ont marqué leur ascension. Chaque page prolonge la sensation d’un live : le silence après la déflagration sonore, la persistance d’une émotion. L’objet se lit comme un recueil de poésie, une archive du phénomène ascendant vierge.

Le titre, lui, résonne comme une boucle infinie — faire et refaire, comme on remixera éternellement la même chanson, la même émotion, la même quête d’absolu. Car chez eux, la répétition n’est pas un retour en arrière : c’est une manière de se réinventer, de transformer l’intensité en mouvement.

Au-delà du son

Faire et refaire confirme ce que l’on pressentait déjà : Ascendant Vierge n’est pas seulement un groupe, mais une œuvre en expansion — un projet qui fusionne son, image, texte et émotion brute. Un pont entre la rave et la réflexion.

Faire et refaire, éditions Double Ponctuation