Le football il a changé : maintenant, c’est de l’art. Depuis 2019, ArtButMakeItSports relie des images prises lors de grands événements sportifs à des œuvres d’art. Sur Instagram et X, la créativité débordante du compte attire particulièrement l’attention à l’occasion de la Coupe du Monde de football.
Un concept simple mais efficace
ArtButMakeItSports est créé en décembre 2019 sur X (à l’époque Twitter) par LJ Rader, data analyste sportif américain. Devenu viral en 2023, le compte a connu un nouvel afflux de curieux à l’occasion de la Coupe du monde 2026. Depuis sa création, il n’a cessé de gagner en popularité, et compte plus d’un million d’abonnés cumulés entre Instagram et X à ce jour.
La formule est simple, au moins en apparence : mettre côte à côte une photo de sport et une œuvre d’art dont les personnages, les émotions, les couleurs ou encore les formes rappellent fortement la photo. Le résultat, des comparaisons folles de créativité qui font rapidement le tour d’Internet, surtout quand elles font référence à des matchs venant à peine de se conclure. Le langage de l’art ne connaît pas de barrières linguistiques, et il s’exprime de manière particulièrement efficace grâce à la précision des trouvailles de Rader.
Deux passions exploitées à la mano, sans IA
C’est là tout le sel de la démarche de Rader : si ses associations paraissent aussi naturelles pour le public qui consomme son contenu, c’est parce qu’elles sont le fruit d’un double effort. Une attention de tous les instants devant les matchs et une culture de fond qu’il a construite au fur et à mesure des années, en sport comme en histoire de l’art.
ArtButMakeItSports ne se prive pas de « tricher » un peu : inverser le sens des œuvres, couper les photos ou les faire tourner. Mais une chose est certaine : pas d’IA, le compte insiste bien là-dessus dans ses profils Instagram et X. Même si la perfection de certaines comparaisons pourrait nous pousser à douter de sa parole, comme celle entre l’embrassade de Sidny Lopes Cabral avec sa compagne et le tableau Danse à la campagne de Renoir… Mais pourquoi douter après tout, tant toute sa démarche déborde d’humanité.
Une immense diversité d’inspirations
Si le compte perd un peu de sa diversité en termes sportifs à l’occasion de la Coupe du monde, postant surtout du football, il ne perd absolument pas son éclectisme artistique. Toutes les époques et tous les artistes y passent pour CJ Rader : peinture surréaliste catalane pour le retourné de Michael Olise, art chrétien du XVe siècle pour Luka Modrić, ou encore photographie allemande pour la tête de Jude Bellingham contre le Mexique.
Si le compte est en plein régime à l’occasion de la Coupe du monde, ce n’est pas un hasard, comme l’auteur le déclarait à The Cultivist en juin dernier : « Lorsque tout le monde est à l’écoute ou que tous les regards sont rivés sur la même chose, cela offre bien plus d’occasions d’interagir, ce qui est toujours un plaisir. »
Credit : @ArtButSports