Cité grecque fondée par les habitants de Phocée au VIIème siècle avant notre ère, Marseille est encore aujourd’hui une ville ouverte et hospitalière mais dans le même temps, toujours encore secrète et mystérieuse. Cité de contrastes naturels, ethniques, culturels ou cultuels, elle ne semble pourtant pas toujours être à la hauteur des défis qu’elle a à relever en tant que première ville de France, après Paris.
Pourtant la cité regorge d’artistes et de projets audacieux. Ainsi, on peut y voir l’exposition « borders lines », une invitation rare à penser depuis les marges, curatée par a-topos. Douze artistes multi-disciplines de Marseille, Paris et Berlin, jouent sur l’entre-deux en explorant les zones de friction, les seuils mouvants où matières, pratiques, identités se croisent et s’altèrent. Cette exposition est à retrouver au 58 rue de la Joliette.
Et aussi Solo Sola, l’espace atelier-galerie de Cyril Zarcone, artiste qui brouille les pistes en passant de l’art à l’artisanat en remettant en jeu le rapport à l’objet et à la construction.
Par-delà les lieux attendus, on découvre le Couvent Belle de Mai, la Friche ses expos et ses soirées… Citons aussi le MAC rythmé par Stéphanie Airaud ou le MAMO d’Ora Ito à la Cité radieuse. Ou encore Art-o-rama.
Art-o-rama
Art-o-rama est d’abord l’ARCA ou Action régionale pour la création artistique, créée en 1982 par Roger Pailhas. Entrepreneur marseillais, Pailhas décide d’investir et de s’investir dans l’aventure de l’art contemporain dans sa ville d’origine. Grâce à l’ARCA, il veut stimuler la création des artistes émergents locaux et rendre aussi possible l’apparition de jeunes galeristes. Avec pour effet de créer une nouvelle scène régionale attractive et vivante où apparaissent Gérard Traquandi, Richard Baquié, Judith Bartolani, Georges Autard. Mais le galeriste obstiné, radical dans ses options et ses choix parmi lesquels Buren, Pierre Huyghes, Dan Graham, Jeff Wall ou Van Lieshout, ne s’arrête pas là.
Il ouvre un espace à Paris et dans son espace de Marseille il inaugure son propre salon d’art contemporain Arts Dealers dont la 9ème édition s’ouvre à peine un mois après sa mort, en 2005. L’audacieux galeriste à la vision aiguisée meurt à 56 ans.
L’après Pailhas
Aujourd’hui, après avoir travaillé aux côtés de Pailhas pendant 4 ans, c’est donc Jérôme Pantalacci qui, en 2006, prend la tête d’Art-o-rama, porté par l’association Group et coordonné avec Gaïd Beaulieu. Mettant à profit tout ce qu’il a appris aux côtés de ce dernier, il poursuit l’aventure en créant une nouvelle structure associative pour diversifier les sources de financement, obtenir le soutien des collectivités, du mécénat, du sponsoring et la participation financière des galeries, pour supporter cette structure économiquement lourde. Situé à la Friche de la Belle de Mai depuis sa création, l’ambition d’Art-o-rama est donc d’être l’événement artistique désormais incontournable et pérenne de Marseille. Véritable benchmark associant les dimensions régionale, nationale, et internationale, et l’art contemporain au design, à l’édition, aux projets écoles, aux performances, aux installations et aux présentations de films.
Cette année Gabrielle Bryers, galeriste newyorkaise de retour à Marseille et amie très proche de Pailhas, est invitée à lui rendre hommage. C’est ainsi qu’elle a proposé à huit galeries de partager un stand Art Dealers, dans l’esprit passionné de cet amoureux de l’art et de Marseille. Pérenne, l’aventure continue. Modifiée.
Entretien avec Gabrielle Bryers dans le prochain numéro
Informations Pratiques
Y aller
- En train, Paris-Marseille : 3 heures.
Où dormir
- Hôtel Wettstein***, à Bâle
- Hôtel Mercure Fribourg Centre Remparts****, à Fribourg
Que voir à Marseille
- Belle de Mai, la Friche ses expos et ses soirées.
- Le MAC.
- Le MAMO d’Ora Ito à la Cité radieuse.
- Le MUCEM.
- La Bonne Mère.
- Les Calanques, pour un côté nature
- Le célèbre quartier du Panier, pour les flâneries.

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