L’été est là. Pour ceux qui désirent conjuguer dépaysement, culture et art de vivre, n’hésitez pas, choisissez une destination tout à la fois proche et « exotique », embarquez pour Guernesey, la plus « arty » des anglo-normandes…
Guernesey, ses superbes couchers de soleil, ses plages magnifiques et son riche patrimoine historique ont attiré nombre de grandes figures, qui choisirent ce petit paradis au cœur de la Manche pour y installer leurs pénates ou leurs ateliers. Hugo, véritable « seigneur » de lieu, y passa ses quinze années d’exil. Aujourd’hui, à pied ou à vélo, tout invite à la balade, à la flânerie le long de ses côtes et à la découverte de paysages, de saveurs, de parfums. Deuxième des anglo-normandes par la taille, « l’île verte », sait séduire et retenir le visiteur.
Les incontournables à Guernesey
La promenade de Renoir à Moulin Huet
Auguste Renoir a passé un mois à Guernesey en 1883, au n °4 George Road, à Saint-Peter-Port. Là, il a travaillé sur 15 peintures, toutes représentant la baie et la plage de Moulin Huet sur la côte sud rocheuse de l’île et à peu de distance de sa maison. Un groupe d’amis l’accompagne, dont Paul L’hôte et Aline Charigot, son modèle préféré, qui deviendra plus tard son épouse.
Les œuvres qu’il a élaborées ici possèdent des thèmes variés : vues panoramiques depuis le sentier boisé qui mène à la baie, scènes de groupes se promenant entre les rochers sur la plage, croquis de mer… Curieusement, rien de la vie agricole ou commerciale n’apparaît dans les peintures du maître. Renoir privilégie les scènes de plage, présentant l’île comme un refuge, un lieu d’évasion du monde moderne. Ces toiles ont fait l’objet d’une série de timbres-poste commémoratifs, émis par le Bailliage de Guernesey en 1983.
Hauteville House, Hugo en majesté


Proscrit par Napoléon III, Victor Hugo débarque à Guernesey en 1855. Il y passera quinze ans, avant de pouvoir regagner Paris à la chute du Second Empire. Il accoste dans l’île avec sa femme Adèle, leurs trois enfants et Juliette Drouet, sa maîtresse qu’il installe dans une maison voisine. Dès la première minute, l’auteur sent qu’il a trouvé le cadre idéal pour écrire. Il aime les maisons qui s’enchevêtrent, les bâtiments gothiques qui rappellent les châteaux hantés, le port et ses ruelles tortueuses, les pêcheurs et leur patois émaillé de vieux mots français. Il y termine quelques-uns de ses chefs-d’œuvre.
De retour en France, il reviendra régulièrement vers cette maison. Durant trois années de sa vie, architecte et décorateur, il a créé une œuvre d’art totale qui se déploie sur une surface de près de 1 200 m². Le musée s’étend sur 4 étages ! Le dernier offrant une vue magnifique sur les autres îles anglo-normandes et le port de Saint Peter. Le jardin, empli d’arbres, dont le fameux chêne des Etats-Unis d’Europe, et de fleurs est également une merveille.
La petite Chapelle

Inspirée, la Petite Chapelle est née en 1920 à Saint-André sous l’égide du Frère Déodat-Antoine. Lorsqu’il arrive à Guernesey en 1913, le Frère Déodat-Antoine cherche à recréer un bâtiment semblable à la grotte de Lourdes et à la basilique Notre-Dame-du-Rosaire. Il commence à le construire mais doit s’y reprendre à trois fois avant de le finaliser en 1923. Depuis, la Petite Chapelle est restée intacte. Au fil du temps, les Guernesiais ont apporté leur pierre à l’édifice, déposant çà et là, autour du lieu des éclats de porcelaine et de modestes offrandes.
Castle Cornet

Castle Cornet est le site historique le plus riche de Guernesey. L’origine de la forteresse remonte au XIIIème siècle. Installée près de Saint-Peter-Port, le château est construit sur un îlot, rattaché à l’île par une digue. Après avoir servi de défense, il fût habité par le gouverneur jusqu’au XVIIème. Il a dû affronter nombre de conflits dont la Guerre civile anglaise et la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Castle Cornet abrite cinq musées qui présentent les diverses facettes de l’histoire de Guernesey. Les jardins d’origine ont été soigneusement recréés d’après documents. Tous les jours à midi, un soldat en uniforme du XIXème siècle tire un coup de canon, le « Noon Day Gun » ! Vue imprenable sur la ville.
Et, avant de quitter les anglo-normandes, un petit tour à… Sercq (Sark)
L’île fut accordée comme seigneurie à Hélier de Carteret au XVIème siècle par Élisabeth Ière d’Angleterre, sous condition qu’il la colonise. Pas de voiture, pas de bus, seuls les tracteurs, pour des raisons évidentes, les sercquiais cultivent nombre de primeurs, ont droit de cité . Sinon, on se déplace en bicyclette, en carrioles à cheval (« so romantic ») ou… à pied.
Voici, au détour du chemin bordé de ronciers, d’églantines et de genêts, Sercq, la minuscule capitale. On croirait un village de conte, petites maisons aux jardins impeccables, sentes serpentines dont hortensias, rhododendrons et magnolias envahissent les abords, les peignant de leurs bleus profonds, de leurs rouges carminés ou de leurs pourpres presque violets. Le temps semble s’être arrêté, pour le plus grand bonheur des visiteurs comme des autochtones. Au cœur de l’île se trouvent le petit cimetière aux tombes parfois très anciennes, le mini-poste de police et les superbes jardins de la Seigneurie ( résidence du Seigneur), tout ici baigne dans une calme simplicité. On sent que les habitants du lieu savourent en parfaite quiétude la beauté de leur île.
Informations Pratiques – Guernesey
Y aller ?
- En avion : Au départ de France, vols depuis Charles de Gaulle.
- En bateau : Avec Condor Ferries depuis Saint-Malo ou Cherbourg.
Où dormir ?
A L’hôtel Peninsula qui jouit de vues magnifiques sur Grand Have Bay et la plage de Port Grat.