La pièce de théâtre Le Cercle des poètes disparus n’était pas simplement très bien. Elle était renversante, vibrante, habitée, saisissante. Olivier Solivérès nous propose ici son adaptation du film parut en 1989.
Six personnalités, une fraternité poétique
On y retrouve le professeur Keating et ses élèves, Todd Anderson, Neil Perry, Charlie Dalton, Knox Overstreet, Richard Cameron et Steven Meeks qui reforment à eux six le célèbre Cercle des poètes disparus. Cette bande de frères, manie les mots avec ferveur et nous transporte dans leur magie. À travers les écrits de poètes qui ont bercé des générations passées, ils apprennent l’audace et la liberté de pensée. On observe leur transformation progressive, passant de jeunes garçons contraints par les conventions à des hommes en quête de sens et de savoir.
La pièce aborde des sujets poignants à travers la diversité des profils de ces étudiants. On y découvre l’éternel romantique Overstreet, le téméraire et intrépide Dalton, le sage et spirituel Meeks, le studieux Cameron, le timide et réservé Anderson, et le fougueux Perry. Tous ces caractères se complètent, se confrontent et évoluent ensemble pour tenter de devenir des hommes affranchis des codes sociétaux.
Carpe Diem et O Captain! My Captain! : des mantras puissants
Monsieur Keating inspire. On y retrouve le mantra Carpe Diem, non pas comme une invitation superficielle au plaisir, mais comme une exhortation grave à vivre pleinement, à choisir sa voie, à oser. Le célèbre O Captain! My Captain!, tiré du poème du même nom, écrit en 1865 par le poète américain Walt Whitman, est aussi de la partie. Cette phrase fait office de respect et de témérité. Elle devient un symbole de loyauté et de rébellion. Ils rendent hommage à ce professeur, ce mentor qui leur a appris à penser librement.
Si nous devons aller plus loin, nous pouvons dire qu’elle annonce dès le début le destin tragique de cette œuvre car le poème à la base, rappelons-le, exprime le deuil. Un hommage au capitaine parti trop tôt empreint de tristesse et de respect.
Une œuvre initiatique sur l’émancipation
Mais ce n’est pas seulement l’histoire d’un professeur charismatique ou d’un groupe d’élèves en quête d’eux-mêmes. C’est une œuvre initiatique. Une traversée, un passage fragile entre l’adolescence docile et la conscience libre. Un appel ardent à affranchir l’âme et à conquérir sa propre voix.
Elle parle de poésie, mais surtout de liberté, parle d’école, mais surtout d’émancipation, de jeunesse, mais surtout de responsabilité.
Une distribution et une équipe exceptionnelles
Merci à Olivier Solivérès de nous avoir permis de voir cette œuvre prendre vie sur scène. Merci aux comédiens Philippe Torreton, Nicolas Bauwens, Noé Besin, Olivier Bouana, Louis Djabali, Ivan Du Pontavice, Yvan Garouel, Baptiste Gonthier, Joseph Hartmann, Clément Mariage et Arthur Toullet pour leurs interprétations remarquables et époustouflantes. Et un immense merci à toute l’équipe artistique et technique d’avoir rendu possible ce spectacle grandiose.
Ô capitaine mon capitaine, carpe diem!