Sur le papier, on ne s’attendait à rien d’extraordinaire. Pas de superstar, juste de bon acteur dans les rôles qu’on leur donne. Tiré du célèbre roman de Stephen King, cette adaptation respecte fidèlement l’œuvre originale : une course effrénée à travers les États-Unis, une lutte permanente pour la survie, avec un seul objectif : tenir trente jours. Le tout sous l’œil vorace des téléspectateurs de l’émission phare The Running Man.
La faim justifie les moyens (ALERTE SPOILER)
Le film nous projette dans un futur proche dans les rues des États-Unis, rongées par la pauvreté. Les plus riches vivent reclus dans des tours immaculées, tandis que la classe ouvrière survit dans des immeubles délabrés. Les maladies infantiles se propagent, créant des files d’attente interminables qui rappellent étrangement celles des parcs d’attractions. Ben Richards, interprété par Glen Powell, est un homme acculé. Sans emploi, il vit avec sa femme Sheila, serveuse qui accumule les services pour subvenir aux besoins du foyer. Leur fille est gravement malade. Écrasé par la détresse, Ben décide de s’inscrire à un jeu télévisé pour gagner l’argent; il n’est pas le seul dans cette situation.
Des centaines de candidats font la queue, tous désireux de sortir de la misère. Après une série de tests physiques dignes de Squid Game, Ben fait partie des trois sélectionnés pour l’émission phare de la chaîne Network. Submergé par l’émotion et le désespoir, il signe le contrat que lui propose Dan Killian, le producteur charismatique et manipulateur de la chaîne. Lors de son dernier appel avec sa femme, il lui promet de revenir vivant. Le voilà propulsé dans l’arène de The Running Man.
Se battre pour dénoncer (ALERTE SPOILER)
Les rôles s’inversent dans ce jeu. Les chassés sont présentés comme des méchants, des bêtes de foire lâchées dans la nature, tandis que les Hunters sont érigés en héros, acclamés par des téléspectateurs qui applaudissent à chaque mort. La tête des chassés est mise à prix, et plus ils progressent dans la compétition, plus la prime augmente. Une prime si alléchante, qu’elle pousse certains citoyens à les dénoncer, se faisant grassement payer pour cet acte « héroïque ». L’entraide devient un comportement suspect, mal vu par une société individualiste. Avant de participer à ce jeu suicidaire, Ben Richards travaillait pour de grandes entreprises, accomplissant ce qu’il appelle lui-même un « boulot de merde ». Licencié pour insubordination, la vérité est qu’il aidait ses collègues et pensait aux autres ; des valeurs peu appréciées dans ce monde impitoyable.
Une critique sociale cinglante
Running Man est bien plus qu’un thriller haletant. C’est une critique forte de notre société. Le film dénonce avec force l’isolement des plus pauvres au profit des riches, la pauvreté grandissante, la manipulation des dirigeants et cette course à l’argent qui sacrifie des vies humaines. À travers le parcours de Ben Richards, le film questionne : jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour sauver les vôtres ? Dans un monde où la compassion est devenue une faiblesse, l’humanité est-elle encore une force ? Une œuvre puissante et nécessaire, qui vous fera réfléchir sur notre monde après avoir quitté la salle.