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Paris automne 2025 : les expos à ne pas manquer

Par Françoise Surcouf | Publié le 25/09/2025

À Paris, l’automne 2025 déploie un kaléidoscope de formes et de récits. Du brut au symbolique, de l’intime au politique, Art(s) vous trace un itinéraire éclairé à travers quatre expositions essentielles. À découvrir en septembre et octobre.

« Les Habités » Art brut et Arts Premiers

Michel Nedjar, sans titre (Darius), 1994, technique mixte sur carton, 106 x 77 cm.

À l’occasion de ses 20 ans, la Galerie Christian Berst célèbre l’art brut avec une exposition-conversation où le sacré, l’intime et l’archaïque se croisent. Sous le commissariat de Daniel Klein et Antoine Frérot, Les Habités réunit des œuvres issues de l’art brut et de l’art premier, non pour les opposer, mais pour en explorer les échos. Les formes, les gestes, les matières dialoguent avec une puissance intuitive. L’exposition ouvre un espace de questionnement radical sur ce que signifie “habiter le monde” à travers la création. Une constellation de signes, de voix et d’esprits traverse le parcours. Un voyage entre altérité et résonance.

Galerie Christian Berst
3-5 Passage des Gravilliers, Paris 75003
Du 6 septembre au 26 octobre

« On Vanishing » Hans Op de Beeck

Zhai-Liza ( mother’s shoes), 2024. Polyester, polyamide, enduit114×72×72cm. ©Dominique Provost

À partir du 13 septembre, Hans Op de Beeck investit simultanément les deux espaces parisiens de la Galerie Templon avec On Vanishing, une double exposition envoûtante. Sculptures monumentales, aquarelles et film d’animation composent un univers feutré, suspendu, où le temps semble s’être retiré. Figures fantomatiques, décors oniriques, objets familiers métamorphosés : tout ici interroge l’évanescence de l’être. Avec ses gris veloutés et sa maîtrise de la mise en scène, l’artiste belge façonne une « Wunderkammer » contemporaine où se mêlent solitude, douceur et étrangeté. Une traversée sensorielle et silencieuse, entre art classique et abstraction mélancolique.

Galerie Templon
28 rue du Grenier-Saint-Lazare et 30 rue Beaubourg, Paris 75003
Du 13 septembre au 31 octobre

«Solo show » Antoni Clavé

Antoni Clavé, Arlequin à la pastèque, 1948.

Avec cette rétrospective sensible, la Galerie Minsky offre une relecture inédite de l’œuvre d’Antoni Clavé. Vingt pièces, entre 1945 et 1975, retracent la trajectoire d’un artiste aux frontières du théâtre et de la peinture, du geste artisanal à la composition lyrique. Sa rencontre avec Picasso en 1944, loin de le faire basculer dans l’imitation, agit comme un déclencheur : Clavé affirme une voie singulière, entre héritage et rupture. Il jongle avec les matériaux pauvres, le collage, le costume et la texture dans une tension constante entre figuration et abstraction. Ses toiles et paravents sont des scènes en suspens, peuplées de rois, de guerriers et de lettres flottantes. Un art incarné, habité, profondément plastique.

Galerie Minsky
37 rue Vaneau, Paris 75007
Du 18 septembre au 18 octobre

«Le bruit du monde » Luc Delahaye

Un Feu. ©Luc Delahaye

Avec cette exposition magistrale, le Jeu de Paume revient sur vingt-cinq ans de création photographique de Luc Delahaye. Ancien grand nom du photojournalisme, il s’est éloigné de la presse pour développer une œuvre exigeante, entre distance documentaire et construction artistique. Entre 2001 et 2025, ses images de guerre, de conférences internationales ou de populations déplacées explorent les failles du réel, dans des formats monumentaux ou composés numériquement. Chaque image devient une strate de mémoire, un état du monde condensé, sans effet de pathos. Delahaye donne à voir une humanité saisie dans le silence, la densité, la complexité.

Jeu de Paume
1 place de la Concorde, Paris 75001
Du 10 octobre 2025 au 4 janvier 2026