La rentrée s’annonce riche en évènements culturels de toutes sortes mais il est clair qu’en particulier une exposition, aussi pertinente qu’ambitieuse, devrait attirer tous les regards et l’intérêt aussi curieux qu’intense de tous. Il s’agit de « Gothiques » au Louvre-Lens.

© Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Martine Beck-Coppola.

© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec.
Depuis 1000 ans, l’art gothique dans sa diversité, flotte dans l’inconscient collectif de l’Europe et même au-delà. Il hante les cultures populaires et les peuple de motifs et de personnages toujours encore actifs et bien réels. Dès les années 1200, un système de représentation, une langue commune apparaît en écho aux nouvelles pensées et philosophies qui émergent dans ce phénoménal passage de l’Antiquité au Moyen-Âge. Surgissent alors les cathédrales et leurs bâtisseurs avec en parallèle de l’architecture, les copistes. Eux, donnent à voir l’écriture comme art, avec ses variations faites de jambages, de crêtes, de hampes puis d’enluminures fantastiques.
Petite histoire du Gothique
Né en Picardie et en Île-de-France au XIIème siècle, le gothique englobe outre l’architecture qui est son socle, la sculpture, la création d‘objets raffinés, les vitraux et la typographie, tracée sur parchemins et manuscrits mais aussi sculptée dans la pierre d’édifices religieux et profanes.
« Gothiques » l’exposition, nous entraîne dans une traversée temporaire du XIIème siècle jusqu’au XXIème. Elle nous fait passer de l’époque médiévale jusqu’à aujourd’hui. En passant par le gothique renaissant du XVème siècle où l’art de l’enluminure atteint son apogée avec, en architecture, ses gargouilles et ses bestiaires, puis par le XVIIIème siècle anglais, avec ses ruines sombres et mystérieuses… Pour aboutir au XIXème siècle où, après avoir été méconnu et méprisé, l’art gothique est de nouveau reconnu et apprécié. Il suffit de se souvenir de Victor Hugo et de Notre- Dame de Paris, de Viollet-le-Duc et ses restaurations de constructions médiévales dont Notre-Dame de Paris, du Gothic Revival, de l’historien John Ruskin et de son éloge du Gothique. Enfin, au XXème et XXIème siècle les artistes modernes, écrivains, plasticiens, réalisateurs y trouvent une inspiration d’avant-garde.
Un revival contemporain
Aujourd’hui le mot gothique fait écho dans la contre-culture, la musique punk et metal. Dans la Fantasy, les jeux vidéo, la dark wave, dans la mode ou dans l’art contemporain. Mais aussi dans l’art numérique, avec les courants du Digital Gothic et du Gothique Futuriste. Il suffit de regarder le travail de graphe et de lettrages de RAMMELZEE se posant comme descendants des moines copistes, passionné d’enluminures et qualifiant lui-même sa production de Gothic Futurism.
C’est donc dans une superbe traversée foisonnante que cette exposition nous emporte. Structurée par Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens, conseillée par Florian Meunier et Dominique de Font-Réaulx, elle rassemble plus de 250 œuvres, des vitraux aux manuscrits, des sculptures aux dessins en passant par les photographies. Véritable anthologie mettant en lumière la transversalité de ce mouvement toujours vivant,« Gothiques »offre un parcours chronologique d’une grande richesse visuelle montrant le caractère novateur des productions gothiques dans leur dimension d’art total. Et qui travaille toujours encore l’inconscient et l’imaginaire collectif.
« Gothiques »
Louvre-Lens du 24 septembre 2025 au 26 Janvier 2026
www.louvrelens.fr